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La violence chez les « touts petits »

Peut-on parler de comportements violents chez les enfants en bas âge? Il est certain que le jeune enfant, dès sa naissance, vit des expériences de plaisirs et de frustrations et « apprend » dans la mesure de ses moyens et de son «ouverture au monde extérieur» à manifester ce qu’il ressent.

Son univers est global et indifférencié au début et il apprend en expérimentant ce qui est bon et désirable et ce qui ne l’est pas. Ses parents, les adultes, les pairs qui le côtoient vont l’aider à comprendre le monde qui l’entoure et à différencier progressivement ce qui est « bon » pour lui et ce qui ne l’est pas. 

C’est tout aussi vrai en ce qui concerne l’expression de ses sentiments. Pleurer, crier, gesticuler, embrasser, rire, courir et sauter de joie sont des manifestations que nous connaissons bien chez les enfants et combien, parfois, elles peuvent nous paraître excessives.

En fait, l’enfant est en étroite dépendance face à l’adulte au début et se détache lentement pour acquérir une indépendance de plus en plus marquée au fur et à mesure qu’il parvient à « faire par lui-même ». D’une dépendance totale à la naissance, il chemine tranquillement vers un mode « d’échange » avec son entourage et apprend à utiliser les différents objets qui l’entourent ; il doit faire de même dans l’expression de ses besoins et de ses sentiments.

L’enfant découvre beaucoup « d’habileté » à faire par imitation ; il cherche à faire comme l’adulte, son modèle. Il en est de même pour ses sentiments. Il apprend à « faire plaisir », à aller chercher ses récompenses et ses satisfactions, de même qu’il apprend à exprimer ce qui lui déplaît et à faire « pression » pour obtenir ce qu’il veut.

L’attitude et l’assurance du parent vont jouer un rôle de première importance dans la façon dont l’enfant va construire son estime de soi et son contrôle au niveau de ses affects et de son comportement.

Le parent apprend à l’enfant qu’il y a des limites à respecter, qu’il y a des gestes qu’on ne peut accepter de sa part, tout autant qu’il apprend à l’enfant à faire des efforts pour obtenir certaines choses désirées, qu’il y a des objets, des moments qui doivent être partagés. Le parent se doit de profiter de ces moments pour amener l’enfant à exprimer ce qu’il ressent et à travers des mots que l’enfant peut comprendre, le parent exprime à l’enfant ce que lui ressent face à la même situation.

Une manifestation violente (cris, crises, coups, morsures) doit être immédiatement prise en considération. L’enfant doit savoir que ce genre d’expression n’est ni acceptable ni accepté. L’adulte centre son attention et celle de l’enfant sur le comportement inacceptable qui doit cesser. L’enfant doit saisir que son agir ne convient pas et qu’il ne peut qu’en résulter un désavantage, une perte, et qu’il ne gagnera rien à agir ainsi.

Lorsque l’agir cesse, il est important de revenir avec l’enfant sur les raisons de sa frustration et le pourquoi de la « punition » pour lui faire saisir la portée de son geste. L’enfant apprendra alors que c’est le geste (cris, coups, morsures) qui n’est pas toléré, mais que lui est aimé, que ses frustrations ou ses insatisfactions sont importantes et qu’il y a une façon de s’exprimer qui respecte tout le monde.

L’enfant a besoin d’expérimenter qu’il existe des règles, des restrictions et  des interdits auxquels il est invité à se soumettre pour parvenir à vivre en harmonie avec le monde qui l’entoure.

On peut donc conclure que oui, le comportement violent et l’utilisation de la violence existent chez l’enfant, même en bas âge, mais c’est le rôle du parent d’apprendre à l’enfant à doser son agressivité et à ne pas recourir à la violence.

La violence s’apprend. Enseignons l’amour, la douceur et la communication !

Rémi Voghell  
Directeur général,
Après-Coup